Adrien, la diversité, la mer et le voyage

publié le 9 juin 2022

L’amour de la mer et du voyage

Originaire des environs de Nice, Adrien voulait être biologiste marin, mais ayant peu de débouchés, il est devenu marin !

Différentes formations suivies dans différents lieux

Adrien a obtenu différents titres maritimes au cours de formations réalisées dans différents endroits : CIN Certificat d’initiation nautique (matelot), Capitaine 200 à l’université de la mer de Cagnes sur mer, un positionnement dynamique à Marseille, CGO, module yacht, CBS à Nice, chef de quart illimité et Capitaine 3000 à l’ENSM du Havre, CFBS, CQALI, CAEERS sur l’extraordinaire site de Saint-Malo.

Adrien a préparé le 750 KW, puis le Capitaine 500 et le Capitaine 3000 KW, au lycée maritime de Ciboure.

Le lycée possède un panel de matériel pédagogique professionnel performant permettant des formations concrètes et de qualité ainsi qu’une équipe enseignante professionnelle.
 
J’ai toujours au fond de mon garage les différents objets construits par soudure avec l’école !

Actuellement, Adrien étudie à l’École Nationale Supérieure Maritime (ENSM) du Havre en vue d’obtenir mon Capitaine 3000.

Des expériences professionnelles riches : rigueur et règles de l’art

Après l’obtention de son 750kw à Ciboure, Adrien est devenu mécanicien à terre, en intérim, sur la base militaire de Toulon : une superbe expérience et première confrontation à la mécanique sur les bâtiments de projection et de commandement de la Marine Nationale, sur des sous-marins également.

Puis il a travaillé deux hivers chez Monaco Marine La Ciotat, chantier naval pour yachts, leader dans leur domaine.

Spécialisé dans le démontage des lignes d’arbres, hélices, safrans, deepsea seals, cutlass bearing, chokfast moulding for main engines… il a embarqué sur des navires de 45 à 90 mètres.


Puis sur un yacht de 40 mètres.


Et enfin sur un yacht de 63 mètres.

Une expérience glacée

Avec le Capitaine 500 en poche, Adrien est parti au Sptizberg en Norvège sur un tout petit bateau d’expédition de 25 mètres, comme Second et mécanicien.

Navigation entre les fjords, brouillard, neige y sont des situations fréquentes.

Déblayer la neige du pont avec une température extérieure à - 20° est courant. Les fruits et légumes sont mis dans le gaillard avant avec un radiateur et le frigo est utilisé pour garder les produits au chaud à + 4° !

Il est "responsable machine" d’un moteur de 1953, pré-huilage manuel, lancement air, ça tient bien la route !

Fabrication du pain à bord, on reste français !

L’entrainement au tir est obligatoire pour les excursions à terre.

Un tour du monde

Après cette expérience, Adrien part Second sur un 54 mètres pour effectuer un tour du monde : Gibraltar, Cap Vert, les Caraïbes, Panama, Mexique, USA, Canada, Alaska, Galapagos, Polynésie, Fidji, Australie.

Puis il embarque sur des voiliers, donc un ketch de 54 mètres, et a relié l’Italie, la Grèce, la Turquie et la Croatie…

Ses plaisirs aujourd’hui

Apprendre : se confronter à différentes situations. Rien de plus ennuyeux qu’une traversée océanique.
Découvrir : en navigation, aller là où je n’ai jamais été. Y aller, et être capable de ne pas se faire surprendre, d’avoir tout anticipé : la prise d’informations, la connaissance des instructions nautiques, bien travailler ses passages plans, avoir des communications radio propre et professionnelles.
Former : les marins en timonerie, les confronter aux manœuvres d’évitement, revoir les règles ensemble.

En Shipyard (chantier naval), j’aime voir comment des techniciens opèrent, discuter les devis, les timelines (délais), trouver ensemble les solutions les plus appropriées.

Une anecdote à partager ?

"Tellement que je ne saurais faire de choix. Ah, si une petite : Apprendre l’anglais peut vous sauver la vie ! "

Adrien raconte :
"Je ne parle pas Italien !
Je reçois de nuit, par mer calme, par VHF : MAYDAY MAYDAY ! allo ! MAYDAY !
la suite du message VHF est en italien… blablabla…
Monsieur qu’est ce qui vous arrive ?
Blablablabla en italien que je comprends très peu, mais alors? de l’italien paniqué et par radio, je ne comprends rien… SINKING SINKING !
Oh merde… impossible de connaitre son nom, sa position, le sémaphore s’en mêle, même problématique de communication… on parvient à obtenir sa position, c’est à coté, je déclenche notre tender.
On continue la communication, Boat on the rock ! Ok… il nous dit donc Sinking mais le bateau est sur les rochers… ok….
Sir, how many persons on board ?
heuuuuu 3… 3 but… …but one in the stomach ! ….
On comprendra qu’ils sont 3 dont une femme enceinte :D et leur bateau de 18m est effectivement posé sur les rochers mais ne risquait pas de couler… ! "

Des conseils à donner à la relève

-  Formez-vous !
Passez tous les diplômes le plus vite possible parce qu’ils sont un réel frein à l’embauche (pas le bon diplôme, pas de prise de poste) et un frein personnel important.
-  Ne vous enterrez pas sur un navire !
Changez de navire régulièrement, vous apprendrez plein de nouvelles procédures, différentes manières de travailler.
-  BOSSEZ VOTRE ANGLAIS !
L’anglais c’est la vie, nos cours devraient être dispensés en anglais !
-  Bossez le médical !
Vous pouvez vite vous retrouver très seul. Forcez-vous à ouvrir la boite à pharmacie, forcez-vous à faire des simulations. J’essaye de faire venir régulièrement des infirmiers ou médecin à bord pour revoir un peu tout ça avec l’équipage. Au plus mal, les gens voient en vous un vrai docteur avec 10ans d’expérience.
En 1 minute vous passez de la timonerie aux gants en latex…
-  Pensez à un plan B !
La mer c’est bien, mais allez-vous passer 40 années sur l’eau ? Pensez très tôt à une potentielle reconversion et laissez-vous des opportunités.